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Retour sur la rencontre du réseau lorrain du DSU - 4 février 2015

La dernière rencontre du réseau DSU en Lorraine s'est déroulé à Uckange, en présence de Benoit BOISSIERE (chargé de développement de l'IRDSU), José DHERS (référent en matière de développement communautaire, sur les questions du pouvoir d'agir des citoyens) et Virginie RAIMBAUD (conseillère en économie sociale et familiale, actuellement en stage à l'IRDSU, qui revient tout juste de 2 années passées au Québec, à travailler comme organisatrice communautaire), et Christian DELON (chercheur impliqué dans la démocratie participative au Brésil).
L'objet de la rencontre portait sur la place des professionnels dans la mise en oeuvre des conseils citoyens : modalités d’animation, enjeux, écueils, gages de réussite, risques, difficultés...
Elle s'inscrivait en outre en complément de l'enquête nationale que l'IRDSU mène depuis quelques jours auprès des professionnels du DSU. Il est encore temps d'y contribuer. N'hésitez pas à le faire dès ces jours-ci, en répondant au questionnaire en lien ICI. A l'avance merci.
Après des échanges matinaux autour des intervenants cités plus haut, les professionnels lorrains ont pu faire état de l'avancée dans l'élaboration des Conseils Citoyens de leurs différents territoires.
Les débats de la journée ont permis de repérer certains noeuds de questionnement, et de partager certains constats :

* Le conseils citoyen reste bel et bien à considérer comme un outil de la démocratie participative parmi d'autres... mais pas que ça. Il ne se suffit pas à lui-même. Il pourrait même - si on n'y prend pas garde - porter préjudice à d'autres dynamiques déjà existantes sur les territoires. En y prêtant attention, il pourrait en revanche apporter un réel gain de participation citoyenne ici et là. Dans tous les cas, il va sans dire que nous nous engageons là dans des démarches à moyen voire long termes. Les semaines et mois à venir nous donneront à voir des prémisses et des expérimentations de formes participatives dont peu d'entre nous peuvent imaginer les fruits qu'ils porteront. 

* une bonne pratique nécessite en premier lieu de faire sienne l'idée selon laquelle « on ne fait pas le bonheur des gens sans eux … ». En ce sens, les notions d’empowerment et de développement communautaire ont habité les échanges tout au long de la journée. Il convient d'ailleurs de bien faire le distingo entre la communauté (qui permet d'amener à une citoyenneté plus participative, de s’ouvrir aux autres et de vivre ensemble), et le communautarisme (qui tend au repli sur soi, à "refermer sa coquille")
* Il faut réconcilier les valeurs républicaines aux pratiques existantes (exemple du port du voile, jugé anti pédagogique). Le besoin de démarches pédagogiques semble incontournable pour éviter la rupture et la difficulté d’intégration. En ressort un besoin de prendre en considération les réalités de la société. Celle-ci s’appuie immanquablement sur les communautés, quelles qu'elles soient (telles communautés professionnelles, les pratiquants de telle activité, les usagers de telle structure, les convaincus de telle doctrine, les habitants de tel quartier...). Il faut (r)établir le dialogue là où il est absent, là où il a été rompu.

* La présentation d'expériences étrangères a permis de mettre en évidence des formes d'indépendance vis à vis des politiques publiques qui questionnent le système associatif français, son attachement aux institutions, voire sa défiance vis à vis d'autres formes d'initiatives privées ?

* Il ressort que des huit territoires lorrains présents ce jour, nous avons affaire à autant de modalités et de niveaux d'avancement différents. Pas de recettes, pas de clés idéales pour donner jour au conseil citoyen.

* On observe presque partout un recul (avec l'aval des services de l'Etat) vis à vis du "tirage au sort", dont l'enjeu était d'aller au devant de personnes éloignées, jusque maintenant, des instances de pouvoir et de participation de leurs territoires. Bien souvent, le tirage au sort n'est préservé (lorsqu'il l'est !) que sur la base de volontaires déclarés (ce qui dévoie quelque peu le principe même du tirage au sort)

Pour les prochaines semaines, selon les participants, les enjeux à prioriser se situent sur :

* l'information des habitants, et la confiance qu'on doit leur porter

* la conviction des élus

* la précision des objectifs et critères d’évaluation

* la définition de points de convergence entre les acteurs sociaux

* l'écriture des règles du jeu et leur respect

* l'acceptation de l'idée d'apprendre des conseils citoyens et non seulement l’inverse !

* la mise en place de formations sur la posture des acteurs

Nous nous quittons avec l'idée de réitérer une telle journée dans les mois qui viennent, en y conviant des représentants de conseils citoyens.
Vous pouvez retrouver quelques documents en PJ, d'autres en lien ci-dessous :
* l'essentiel des journées à Toulouse : la place des habitants
et enfin, un appel à projet de la Fondation de France visant à soutenir les démarches de participation innovantes

publié le

12 février 2015

par :

CRPVL - Johan Chanal