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Communiqué du Réseau Lorrain des professionnels du Développement Social Urbain

COMMUNIQUE DU RESEAU LORRAIN DES

PROFESSIONNELS DU DEVELOPPEMENT SOCIAL URBAIN

Le premier gouvernement Hollande crée un Ministère à l’égalité des territoires, dont relève un Ministère délégué dédié à la Ville. Enfin, la dimension réelle, sociale et territoriale, de ce qu’est la politique de la ville semble être reconnue. On ne la cantonne plus aux questions de prévention de la délinquance, de culture ou de sport...

S’engage alors une riche et large concertation des acteurs de la politique de la ville, en vue d’une réforme ambitieuse, voire radicale annoncée par le Président Hollande. A l’issue de cette concertation qui a vu s’exprimer des centaines d’élus, des centaines de professionnels, les associations, les fédérations… la loi pour la ville et la cohésion urbaine est définitivement votée le 13 février 2014.

Faisant fi de nos « petites frustrations » (quand même), une certaine satisfaction générale des professionnels du DSU ressort des échanges et réflexions partagées. Quelques angoisses se font jour néanmoins : cette loi sera-t-elle à la hauteur des enjeux ? Et nous, serons-nous à la hauteur des ambitions de cette loi ?

Le chantier paraît pharaonnique (compétence intercommunale réaffirmée, mobilisation du droit commun, inscription dans les CPER, dans le prochain PO européen, élaboration du projet de territoire, co-construction citoyenne…), et les délais un peu courts : signature du contrat de ville au 1er janvier 2015, alors que les quartiers concernés ne sont toujours pas connus, que les équipes municipales et intercommunales sont nouvelles pour une bonne part d’entre elles...

Les doutes s’alimentent alors de l’annonce du remaniement ministériel, et de l’inscription de la Ville au sein du Ministère du Droit des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports, alors que vient d’être créé le Commissariat général à l’égalité des territoires (issu de la fusion de la DATAR, du SGCIV, de l’ACSé) auquel sont rattachées les questions liées à la politique de la ville.

Qu’en faire ?! qu’en penser ?! on y perd nos petits. Les équipes – projets sur les territoires en politique de la ville étaient déjà quelque peu inquiets, pour beaucoup, de cette future géographie prioritaire : quid des postes des personnes en territoire « sortants » ? quid des modalités de mobilisation des droits communs ? quid des financements à venir ? quid de l’inscription de la politique de la ville dans les CPER, et autre PO européen ?...

Aujourd’hui, ces questionnements ont laissé place à la perplexité : quel est le sens, pour la politique de la ville, de ce remaniement ? de quoi est-il le signe, le nom ?

Le droit des femmes au cœur de la politique de la ville : nous souscrivons, oui, bien entendu, mais que dire des autres discriminations, celles si connues, reconnues officiellement, de la discrimination au faciès, à l’adresse, à l’origine, à la culture religieuse…

La jeunesse et les sports au cœur de la politique de la ville : nous souscrivons, oui, bien entendu, mais alors comment resituer l’approche de développement économique, de développement local (vs l’attribution d’aides sociales ou la pose de cautères) de ces quartiers ? Comment remettre en évidence les problématiques du logement, de l’urbanisme, des transports, et pourquoi pas, des mixités… en un mot, la question du territoire dans son ensemble ?

Nous souhaitons que la politique de la ville, dans la continuité des deux années passées, soit considérée comme une politique publique qui s’appuie sur des approches et des méthodologies liées au développement territorial, auxquelles les professionnels sont attachés, et au cœur desquelles les habitants trouvent leur place de concepteurs, d’acteurs, de décideurs, de bénéficiaires.

En cliquant ici, retrouvez le point de vue de la Présidente de l'IRDSU publié sur LOCALTIS

publié le

24 avril 2014

par :

Johan CHANAL