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Agenda européen: les grands événements à suivre en 2018

Quels seront les événements phares dans le ciel européen en 2018? Quels sont les dossiers brûlants auxquels l'UE devra s'attaquer? Touteleurope.eu nous propose un condensé d'actualités qui marqueront l'agenda européen en 2018.

Après une année 2017 faite de moults rebondissements politiques et d'élections majeures, 2018 n'en sera pas moins chargée! Des élections en Italie à la réforme du règlement de Dublin sur le droit d'asile, voici une petite sélection des événements européens qui vont rythmer le premier semestre 2018 : 

2018 : Année européenne du patrimoine culturel

Architecture, théâtre, musique… En Europe, l'année 2018 sera assurément placée sous le signe du patrimoine. C'est en effet ce thème que l'Union européenne a souhaité mettre à l'honneur, à l'occasion de la 34ème "année européenne". Mot d'ordre de ces éditions : sensibiliser l'opinion publique et attirer l'attention des gouvernements nationaux sur certains thèmes spécifiques d'intérêt général.

L'Année européenne du patrimoine aura ainsi pour principal objectif de promouvoir le patrimoine comme "élément central de la diversité culturelle et du dialogue interculturel, ainsi que de sensibiliser les citoyens européens à l'importance économique et sociale du patrimoine de leur continent". A cette occasion, de nombreux projets seront organisés dans les différents Etats membres, et complétés par des actions transnationales financées par l'UE.

- Présidence bulgare de l'UE (on en parle ici)

- Début de la 2ème phase de négociations sur le Brexit

Après six mois de difficiles discussions sur les modalités du divorce, les Vingt-Sept ont finalement accepté, lors du Conseil européen des 14 et 15 décembre, de passer à la seconde phase des négociations. Celles-ci porteront sur la future relation entre le Royaume-Uni et l'UE. Dans un premier temps, à partir de la fin du mois de janvier, les négociations devraient commencer afin de régler les modalités de la période de transition qui devrait suivre le Brexit effectif. Un accord sur les dispositions du divorce est attendu pour le Conseil européen des 18 et 19 octobre 2018. Puis à partir du 29 mars 2019, jour du retrait officiel du Royaume-Uni de l'Union européenne, les négociations relatives au futur accord commercial entre les deux rives de la Manche commencera.

- Formation du gouvernement allemand

Au cours des premières semaines de l'année 2018 devrait intervenir la formation du prochain gouvernement allemand. Celle-ci est en suspens depuis les élections législatives du 24 septembre dernier car si le centre-droit (CDU-CSU) conduit par Angela Merkel est arrivé en tête, la constitution d'une coalition avec le Parti libéral et les Verts s'est révélée impossible.

En conséquence, les discussions ont démarré, le 7 décembre, entre la CDU-CSU et le Parti social-démocrate (SPD) dirigé par Martin Schulz, pour reconduire la "grande coalition" au pouvoir en Allemagne depuis 2013. Cette option était jusqu'ici écartée, le SPD ayant officiellement annoncé son intention de demeurer dans l'opposition pour les quatre années à venir. Pour éviter la formation d'un gouvernement minoritaire ou la convocation de nouvelles élections – pouvant être favorables à l'extrême droite – les sociaux-démocrates ont accepté de revenir sur leur décision initiale.

"Nous ne devons pas gouverner à tout prix. Mais nous ne devons pas refuser à tout prix de gouverner", a ainsi résumé Martin Schulz. Les discussions avec la chancelière devraient principalement se concentrer sur l'économie et les droits sociaux, ainsi que sur l'Europe. Ancien président du Parlement européen, M. Schulz s'est récemment déclaré favorable à la mise en place "d'Etats-Unis d'Europe" d'ici 2025 et soutient également les propositions d'Emmanuel Macron sur la réforme de la zone euro et l'accroissement du budget européen. Les négociations, qui ne sont pas assurées d'aboutir, devraient durer au moins jusqu'en février.

- Mars: élections en Italie

Comme annoncé à la fin du mois de décembre, le gouvernement italien a choisi la date du 4 mars 2018 pour l'organisation des prochaines élections législatives. Un rendez-vous électoral que les Européens observeront avec attention, et qui interviendra un peu plus d'un an après le retrait de Matteo Renzi en raison du rejet de son référendum portant sur une large réforme de la constitution italienne. Depuis, c'est son fidèle ministre des Affaires étrangères, M. Gentiloni, qui occupe le poste de chef du gouvernement, dans l'attente du retour de Matteo Renzi, qui a été facilement réélu chef du Parti démocrate en avril dernier.

Toujours populaire, M. Renzi ne part toutefois pas en position de force pour ces élections législatives. Encore marqué par son échec de décembre 2016, il est devancé par deux formations politiques dans les sondages. D'abord la coalition de droite où figurent Forza Italia, le parti toujours présidé par Silvio Berlusconi, et la Ligue du Nord, parti d'extrême droite emmené par Matteo Salvini, allié du Front national au Parlement européen. Ce fragile alliage aux multiples désaccords et auquel se joint le parti Frères d'Italie (droite souverainiste) est pour l'heure crédité d'environ 35% des voix. Arrive ensuite le Mouvement 5 étoiles, formation iconoclaste et populiste fondé par l'humoriste Beppe Grillo, qui obtiendrait environ 28,5% des suffrages. Le Parti démocrate ne recueillerait pour sa part qu'environ 24% des voix.

Et si ces chiffres devaient se révéler exacts, la formation d'un gouvernement majoritaire pourrait être impossible. Par conséquent, une période d'incertitude politique est susceptible de s'ouvrir en Italie, qui viendrait encore renforcer l'instabilité économique que connaît le pays depuis la crise.

- Printemps/été: Lancement des conventions démocratiques sur l'avenir de l'Europe

Proposition phare du projet d'Emmanuel Macron pour refonder l'Union européenne, le lancement des "conventions démocratiques" devrait avoir lieu au printemps ou à l'été 2018 en Europe. Pour le chef de l'Etat, défenseur d'une "Europe plus unie, démocratique et souveraine", l'objectif sera double : associer l'ensemble des citoyens européens dans la définition des prochaines priorités de l'Union européenne, et ainsi endiguer la montée de l'euroscepticisme et des populismes en Europe.

Ces "conventions démocratiques" rebaptisées "consultations citoyennes", serviront de base à l'élaboration "d'une feuille de route brève, avec quelques défis communs et des actions précises, traçant les priorités d'action de l'Union et leur calendrier de mise en œuvre pour les cinq années à venir". Si leurs modalités de mise en œuvre demeurent encore incertaines, un rapport parlementaire, publié au mois de décembre, suggère une organisation en deux phases, s'étalant de mai à octobre 2018. Tout d'abord, une vaste consultation numérique permettrait d'interroger "plusieurs millions de citoyens européens" sur leurs préoccupations quant à l'avenir de l'UE. Puis, dans un second temps, des débats locaux seraient organisés dans chacun des Etats membres. Dans son rapport, la commission des Affaires européennes de l'Assemblée nationale propose également qu'un "comité de sages", composé "notamment des représentants des comités nationaux et des institutions européennes", assure la restitution des informations collectées à l'issue de ces mois de conventions démocratiques.

- Réforme du règlement de Dublin sur le droit

Discutée depuis plusieurs mois, la réforme du règlement de Dublin sur le droit d'asile, qui stipule que les demandes d'asile doivent être traitées par le premier pays d'arrivée, est prévue pour le premier semestre 2018. En effet, avec l'intensification des flux migratoires que connaît l'Europe depuis 2015, la Grèce et l'Italie ont été submergées par les arrivées et donc les demandes d'asile à traiter.

Toutefois, la division prévaut toujours au sein des Etats membres de l'UE. Plusieurs pays, au premier rang desquels ceux du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie), ont en effet refusé de participer au plan de relocalisation des réfugiés élaboré par la Commission européenne. Or la révision du règlement de Dublin est précisément envisagée pour renforcer la solidarité au sein de l'Union.

Retrouvez l'intégralité de l'article de Toute l'Europe ici.

publié le

8 janvier 2018

par :

Camille DJUROVIC